Protection

Aucun génépi ne fait partie de la liste des espèces végétales protégée sur le plan national, toutefois le génépi laineux est protégé : 

Les autres peuvent faire l'objet de différents arrêtés préfectoraux qui en limitent la cueillette. 

  • en Haute-Savoie : l'arrêté du 27 janvier 2010 portant reclassement de la réserve naturelle des Aiguilles Rouges proscrit dans son périmètre les cueillettes de plantes sauvages, donc du génépi (seules exceptions : les myrtilles, framboises, le raisin d'ours et les champignons). Ceci concerne également les extensions du Vallon de Bérard et de Carlaveyron.
  • en Savoie : apparemment aucun arrêté préfectoral, seul s'applique donc l'arrêté régional en dehors du parc national de la Vanoise. 
  • en Isère et dans les Hautes-Alpes : arrếté interdisant le ramassage du génépi laineux et limitant celle des autres espèces à 100 brins fleuris par personne, qui devront être coupées avec un sécateur ou des ciseaux
  • arrêté semblable dans les Alpes de Haute-Provence, mais ne mentionnant pas le génépi laineux. 
  • Un arrêté a été pris également dans les Alpes Maritimes (18 juin 1996) mais je n'en ai pas trouvé le texte sur Internet.

Dans les parcs

La réglementation peut dépendre d'un parc à l'autre. Par exemple la cueillette est tolérée dans le parc des Écrins ...

D'une façon générale, la cueillette des végétaux et le prélèvement de fossiles et minéraux sont interdits dans le cœur du Parc national des Écrins. Pour autant, des "dérogations" existent pour permettre la cueillette modérée de certains petits fruits, baies sauvages et de génépis. Pour le génépi la cueillette est limitée pour 3 des 4 espèces à 100 tiges fleuries, la cueillette du génépi laineux étant interdite. Cette même réglementation s'applique dans les Hautes-Alpes et en Isère, que l'on se trouve ou non dans le cœur du Parc national. Cueillir et prélever avec modération et À propos des génépis... Ceci ne vaut naturellement pas pour la réserve intégrale du Lauvitel.

...mais est rigoureusement interdite dans le parc de la Vanoise.

A propos de la cueillette à usage artisanal : Le décret 2009-448 du 21 avril 2009 pris pour l’adaptation de la délimitation et de la réglementation du Parc national des Écrins aux dispositions du code de l’environnement issues de la loi n° 2006-436 du 14 avril 2006 prévoit la possibilité de réglementer la cueillette des escargots, champignons et végétaux non cultivés qui n’appartiennent pas aux espèces protégées par la loi. Cette disposition est spécifique au Parc national des Écrins. Elle ne figure pas dans le décret du Parc national de la Vanoise 67 et la charte ne prévoit aucune disposition en ce sens. Mémoire du Bureau du Conseil d'administration du Parc national de la Vanoise en réponse aux questions posées par la Commission d'enquête publique. Cela vaut également pour les réserves naturelles de la Grande Sassière, de Tignes-Champagny, du Plan de Tuéda, des Hauts de Villaroger et de la Bailletaz

Pour le Mercantour c'est plus compliqué : 

jusqu'en 2009 interdit pour les visiteurs mais pas pour les locaux. De 2009 à 2011 interdit pour tout le monde (Nice matin : La cueillette du génépi est interdite dans le Mercantour jusqu'en 2012). En 2012 adoption de la charte - [la] cueillette est réglementée par le conseil d’administration dans les conditions suivantes : pour les génépis, les baies et la camomille du Piémont, des sites et des périodes de cueillette sont définis ainsi que des quantités et des techniques de prélèvement... (Charte du Mercantour). Pour l'heure on ne sait pas : "La cueillette des myrtilles, génépi, champignons est-elle autorisée sur les communes du PNM ? A l'heure actuelle, la cueillette est interdite. La consommation de baies sur place est tolérée mais elle est déconseillée : les fruits permettent aux plantes de se disperser naturellement et la faune sauvage qui n'a que ça pour préparer l'hiver en a plus besoin que le touriste gourmand. NB : Une fois la charte en vigueur, une réglementation spécifique sera mise en place pour permettre la cueillette de petites quantités de myrtilles, génépi, camomille du Piémont et champignons, sur certains sites du parc." Parc du Mercantour : 100 questions/réponses. La charte est approuvée depuis le 28 décembre 2012 mais on n'en sait pas plus.

La charte du parc régional du Queyras ne fait pas mention de protection particulière. On peut supposer que que c'est l'arrêté préfectoral des Hautes-Alpes (mentionné ci-dessus) qui s'applique. C'est au moins le cas pour la réserve naturelle de Ristolas - Mont-Viso.

Enfin je n'ai pas cherché pour les Pyrénées 

À l'étranger

En Suisse et Italie la cueillette du génépi est interdite en tous lieux et en toutes périodes. 

Reproduction

Si l'on évoque ainsi la nécessaire protection du génépi c'est évidemment que comme toutes les plantes alpines elle est fragile. Aussi même dans les départements (Savoie et Haute-Savoie) où il n'y a pas d'arrêté préfectoral il est judicieux de respecter les quelques principes suivants :

  • Cueillir (et donc boire) avec modération : 100 brins par personne permet de préparer 2,5 litres de liqueur, ce qui devrait amplement suffire pour une année.
  • Ne ramasser qu'un brin sur deux pour permettre la dissémination. Ceci suppose de ne rien ramasser du tout  (et de chercher un autre coin) si quelqu'un est passé avant vous.
  • Couper avec une paire de ciseaux ou un couteau pour éviter l'arrachage. 

Et la liqueur ?

La recette de la liqueur de génépi universellement (mal) connue est "40 brins, 40 sucres, 40 jours". En français : faire macérer 40 brins de génépi dans 1 litre d'alcool à 40° pendant 40 jours et rajouter 40 sucres. Ceci appelle quelques correctifs :
  • prendre de l'alcool pur (90-95°) au goût aussi neutre que possible : on fera donc macérer les 40 brins dans 1/2 litre d'alcool coupé (immédiatement ou plus tard) avec 1/2 litre d'eau.
  • Au bout de 40 jours il faut retirer les brins de génépi, surtout s'ils ont macérés dans de l'alcool pur, pour éviter un surcroît d'amertume (on peut en laisser 2 ou 3 pour la décoration).
  • Une variante, utilisée notamment dans le massif du Taillefer (Isère) est de suspendre les brins dans une gaze au dessus de l'alcool, dans un bocal fermé, au lieu de les faire macérer.
  • 40 sucres c'est beaucoup. Beaucoup trop selon l'avis de bien des amateurs. La bonne proportion semble être entre 15 et 25 sucres, soit entre 90 et 150g.
  • Quelques jours après le sucrage peut se développer un léger dépôt dans la bouteille. Cela n'a aucune incidence sur le goût mais n'est pas très appétissant : mélanger ou passer à travers un filtre à café autant de fois que nécessaire.
  • Si l'on coupe l'alcool après la macération le plus simple est de le faire avec un sirop. Diluer le sucre dans de l'eau chaude mais bien laisser refroidir avant de mélanger le sirop avec l'alcool.
Au fait : l'alcool pur ne se trouve quasiment plus en France mais est en vente libre en Italie et en Suisse... ou la cueillette du génépi est interdite. Vive l'espace Shengen !