De la Grande Mosquée on ne peut visiter que la cour et la galerie de colonnes et d'arcades en façade de la salle de prière. On peut apercevoir cette dernière par la porte laissée ouverte mais pas y entrer : elle est réservée... à la prière. Ce qui se conçoit. Je me souviens pourtant de ces pages de Samarcande, le roman d'Amin Maalouf, où l'on peut lire :

« Je me rends parfois dans les mosquées où l’ombre est propice au sommeil — Seul un homme en paix avec son Créateur peut trouver le sommeil dans un lieu de culte... »

Notre guide nous fit ensuite parcourir la médina, déguster quelques makrouts et visiter le mausolée Sidi Abid el Ghariani avant de nous laisser à l'entrée du souk.

À 80km au sud-est de Kairouan se trouve la ville de El-Jem (قصر الجم), aux portes du Sahel, célèbre pour son Colisée (le plus récent Colisée romain et le deuxième par la taille après celui de Rome). Ici comme à la Grande Mosquée il n'y avait pas grand monde. C'est pourtant l'un des monuments romains les plus célèbres de Tunisie. Nous y avons flâné une bonne heure, admirant au passage la vue sur la ville, avant de reprendre l'autoroute vers le Nord pour rejoindre Hammamet et notre hôtel.

Dernier point notable de cette journée, et pas des plus agréables à aborder : amis tunisiens, comment pouvez-vous souiller vos belles villes et vos belles campagnes de tant d'immondices ? J'ai bien conscience que la propreté des rues est un souci de riche, mais tous ces détritus qui jonchent vos bords de routes vous sont-ils à ce point indifférents ? Seules les zones touristiques littorales sont nettoyées, alors que vous avez tant de richesses à exposer au monde.