Après une première découverte il y a 3 ans puis une grande traversée Slatoluokta - Narvik il y a 2 ans (voir photos ici et ) nous sommes retournés en Sápmi pour une magnifique randonnée en boucle de 12 jours dans les parcs de Stora Sjöfallets, Sarek, Padjelanta (Suède) et Rago (Norvège)

Voici, à l'adresse de ceux que ceci inspirerait, quelques considérations générales suivies d'un descriptif détaillé des étapes

  • Distance: 236,55 km dont une bonne moitié hors sentier.
  • Durée: 110h 26m (pauses comprises)
  • Altitude max: 1647m (SkájátJåhkkå, facultatif)
  • Dénivelé +/- 6 566m


Transport : nous avions décidé de prendre la voiture (flexibilité, coût) mais ce n'est pas nécessairement une bonne idée. 3 jours Annecy - Jokkmokk, idem au retour, plus de 7000 km... Il y a deux ans nous avions opté pour une combinaison avion jusqu'à Stockholm, train couchette jusqu'à Gällivare (1300 SEK / personne plus 99 SEK de navette aéroport - gare), bus (gratuit) vers le Stora Sjöfallets. Résultat, nous commencions à marcher 24h après avoir décollé de Genève. Lien vers horaires bus.

Météo : nous avons eu un temps exceptionnellement beau pour la région, et notamment un grand soleil lors de la traversée du Sarek où il pleut habituellement 2 jours sur trois. Casquette et crème solaire étaient de rigueur, c'était pour le moins inespéré. Nous n'avons sorti le poncho que quelques heures lors des étapes 8 à 10.

Difficultés : de par sa longueur, ses difficultés d'orientation (hors sentier pour la moitié du trajet), ses conditions météo (qui peuvent être franchement plus désagréables que cette année), ses traversées de pierriers, névés, de torrents (potentiellement dangereux après de fortes pluies)... ce périple s'adresse à des randonneurs expérimentés. Veuillez considérer qu'en cas d'accident les premiers secours peuvent être à deux jours de marche et que le réseau téléphonique mobile est inexistant. Il est possible de louer un téléphone satellitaire mais cela alourdira d'autant le sac.

Hébergement : il y a deux refuges gardés sur l'itinéraire (Duottar et Staloluokta, sur le PadjelantaLeden) mais puisque nous avions la tente et que la météo était pour le moins clémente nous ne les avons pas utilisés. Par contre nous avons diné dans celui de Duottar (cher mais excellent) ainsi qu'au Sommar Café, petit "restaurant" dans un gumpi Sámi à Staloluokta (bon marché et sympathique, poisson local) tenue par la même personne qui tient le refuge.
Il y a également un petit refuge de 3 places non gardé dans le RagoNasjonalPark (Ragohytta) que nous avons utilisé (étape 9) et le refuge STF Fjällstuga Kutjaure sur le NordKalottLeden que nous n'avons pas utilisé (étape 12)

Ravitaillement : Il y a une boutique à Staloluokta (fléchage près de l'église) où l'on trouve des vivres de courses, du poisson fumé, du renne séché et même des plats lyophilisés. Nous l'ignorions aussi nous avions emporté 10 jours de vivres. De ce fait nous n'avions qu'un jour de sécurité ce qui en temps ordinaire devrait être un peu court.

Chaussures : l'idée de voyager avec les pieds au sec est juste une utopie. Nous avons opté pour 2 paires, dont 1 légère à séchage rapide pour les passages humides et les traversées de torrents, l'autre plus rigide pour les passages pierreux ou simplement secs. Mais même comme ça ce n'est pas gagné.

Autres équipements : bâtons indispensables au moins pour traverser les torrents, un change complet dans un sac étanche, sinon rien de particulier : tente, sac de couchage confort 0°C (aussi dans un sac étanche), matelas gonflable, coupe-vent, polaire, poncho, casquette et crème solaire (voir ci-dessus)... Poids du sac : entre 15 (Catherine) et 20 kg (Vincent). Pour l'appareil photo, penser qu'il n'est pas possible de recharger les batteries. Toutefois le même jeux de piles (lithium) m'a fait tout le voyage avec mon bridge. Gros zoom nécessaire pour les oiseaux et les rennes. Un jeu de piles tous les 3 jours pour le GPS afin d'enregistrer les traces.

Notre menu type : muesli le matin (avec un peu de lait en poudre), pain avec viande séchée et/ou fromage sec à midi, plat lyophilisé le soir. Quelques barres de céréales, pâtes de fruits, fruits séchés, chocolat... pour le dessert et comme vivre de course. Et une petite bouteille de 50 cl de génépi maison pour le moral :)

Eau : on en trouve partout et on peut boire crainte celle des torrents et des lacs. Une petite gourde (ou camel bag) de 50 cl est amplement suffisante. Les autochtones utilisent une petite tasse en bois qui pend à leur ceinture.

Moustiques : c'est une véritable plaie sous ces latitudes. Répulsif indispensable. Acheter le produit local, ce que l'on trouve sous nos climats tempérés est semble-t-il inefficace. On peut en acheter à peu près partout, et notamment à Ritsem ou à Gällivare. On y adjoindra une casquette (ou un bob) avec moustiquaire intégrée que l'on trouvera dans les magasins de sport à Jokkmokk ou à Gällivare.

Espèces : nous avions emmené 6000 SEK (pour 3) pour payer les repas, quelques vivres de course et bières à Staloluokta et surtout les traversées en bateau du Virijávrre (2000 SEK pour le groupe, voir étape 7) et de l'Áhkájávrre (250 SEK par personne) pour revenir à Ritsem où nous avions laissé la voiture. Les cartes bancaires ne sont d'aucune utilité si ce n'est au camping / magasin de Ritsem.

Cartes : nous avons utilisé essentiellement les cartes  Fjällkartan BD10 1:100.000 et Norge-serien 10130: Sørfolda 1:50.000. La carte Fjällkartan BD7 ne sert que pour l'arrivée sur l'Áhkájávrre (bateau pour Ritsem) et la BD9 pour la liaison Padjelanta - Rago. Le GPS nous a été utile quelques fois, au moins pour nous rassurer.
Quoiqu'au 1:100.000 les cartes suédoises sont assez précises et d'un dessin plus agréable que la carte norvégienne.

Toponymie : sur les cartes les lacs nom des lacs, rivières, sommets, vallées... sont indiqué à la foi en Sàmi et en Suédois (ou Norvégien). Nous utilisons ici uniquement les noms en langue sàmie (sauf pour les refuges).

Langue : quasiment tous les Suédois et Norvégiens parlent un anglais courant.

Photos : vous pouvez voir une sélection de nos photos dans cet album ou sous forme de diaporama

01 Suorva - Vuosskelvágge

Mardi 22 juillet
  • Distance 12,76 km
  • Durée 6h17m
  • Altitude min 426m
  • Altitude max 1035m
  • Dénivelé + 691m
  • Dénivelé - 209m
La veille nous avions passé la nuit à Ritsem où nous avions laissé la voiture et planté la tente sur un replat 500m au dessus du camping : vue splendide sur l'Áhká, la mère de toutes les montagnes, et le lac Áhkájávrre. Nous avons donc pris le bus de 9h30 qui nous a déposés 1h plus tard à Suorva (le barrage) où nous avons commencé notre périple.

Ceux qui arrivent de Gällivare par le bus pourront se faire déposer au même endroit vers 11h30.

L'accès au barrage se fait par un petit portail (toujours ouvert) et une voie à flanc de l'ouvrage. Celle-ci nous amène à un parc à rennes d'où part un sentier qui permet de traverser la forêt et d'accéder à Vuosskelvágge. Nous l'avons quitté un peu trop tôt, ce qui nous a coûté 200m de dénivelé supplémentaire. Il aurait mieux vallu continuer jusqu'à un gros torrent et suivre celui-ci.

Nous sommes finalement arrivé à 2 lacs se déversant l'un dans l'autre, sommes passés entre les deux, avons traversé la vallée et planté la tente aux abords d'un autre lac sur sa rive droite. Plus haut il semblait plus difficile de trouver un emplacement de bivouac.

Notre trace GPS

02 Vuosskelvágge - Vuojnesvárasj (ascension du Niendotjåhkkå)

Mercredi 23 juillet
  • Distance 15,96 km
  • Durée 8h40m
  • Altitude min 818m
  • Altitude max 1443m
  • Dénivelé + 817m
  • Dénivelé - 738m

Cette étape comprend l'ascension facultative du Niendotjåhkkå qui offre une vue exceptionnelle sur les faces Nord de l'Ähpar et du Sarek

Nous sommes monté au-dessus du bivouac en direction Sud Sud-Ouest dans une vague combe en évitant quelques barres et dalles rocheuses.  Ça passe assez facile dans des pentes de terres pas si raides qu'elles en ont l'air vues du bas, il n'y a aucun intérêt à aller chercher les névés.

Quand la pente s'est adoucie et le terrain devenu caillouteux nous avons laissé un grand lac à main gauche, traversé un névé puis incliné franchement Sud-Ouest pour suivre la courbe de niveau. Nous avons laissé ensuite un petit glacier à main droite. On devine facilement le sommet du Niendotjåhkkå à gauche d'une longue arête orientée Nord-Est Sud-Ouest. Nous l'avons abordé par la droite, laissant les sacs au mieux sur l'arête (qui se révèle n'être qu'une croupe peu marquée) et sommes allé faire le sommet en aller et retour.

Du sommet nous n'avons pas vraiment vu le pont sur le Guhkesvákkjåhkå mais on devine sans peine où il se situe, sur la partie la plus étroite de la rivière (eau blanche).

Nous sommes alors revenu Nord-Est cherché un long névé qui couvre la partie supérieure du torrent Alep Niendojågåsj. Le haut nous a semblé un peu craignos (crevasses de reptation) et nous l'avons contourné par la droite pour l'aborder un peu plus bas. Nous l'avons suivi presque jusqu'au bout, ce qui nous a fait gagner à peu près la moitié de la descente, puis nous sommes dirigé au mieux vers le pont par des pentes d'herbes et d'arbrisseaux.

De l'autre côté du pont une bonne surprise nous attendait : un sentier, non indiqué sur la carte, nous a mènés presque juste au col, le Vuojnesvárasj. Nous avons planté la tente quelques centaines de mètres plus bas, sitôt trouvé un endroit plat à proximité d'un point d'eau. Il aurait été possible de continuer encore un peu mais nous étions largement dans les temps de notre planning et avons décidé de profiter de la quiétude des lieux.

Notre trace GPS

03 Vuojnesvárasj - Skárjá (ascension du Skárjátjåhkkå)

Jeudi 24 juillet
  • Distance 24,69 km
  • Durée 12h01m
  • Altitude min 775m
  • Altitude max 1647m
  • Dénivelé + 919m
  • Dénivelé - 1044m
Dès le départ du bivouac nous retrouvons un sentier, pas plus renseigné sur la carte que le précédent. Cela fait gagner pas mal de temps et c'est bien plus agréable que de chercher son cheminement entre vernes et zones marécageuses.

L'itinéraire est évident : nous avons suivi le fond de vallée puis remonté le Rapaädno jusqu'à Skárjá, la traversée de deux torrents Tjågnårisjågåsj et Máhtujågåsj constituant la seule difficulté. Difficulté bien relative cette année : d'une part le niveau des eaux était faible du fait du beau temps établi sur le Sarek depuis plus de 3 semaines, d'autre part un superbe pont de neige nous a permis de franchir aisément le Tjågnårisjågåsj qui nous avait posé quelques petits problèmes en 2012.

Nous arrivons donc à Skárjá de bonne heure ce qui nous permet de planter la tente et de faire le Skárjátjåhkkå avec un sac léger, en aller et retour. L'itinéraire est assez évident à trouver, de plus il est cairné. Vue magnifique au sommet, sur le Sarek, le Ruotes, L'Ålkatj et le Rapaädno. On peut aussi deviner une partie de l'itinéraire du lendemain dans l'Álggvágge.

Au retour nous avons pu profiter de beaux névés, dont certains suffisamment raides pour se descendre en ramasse.

Skárjá est le point central et incontournable du Sarek, au débouché du Ruotesvágge au Nord (pour rejoindre Ritsem en 2 jours), du Guohpervágge et de l'Álgavágge à l'Ouest (vers le Padjelanta), du Rappadalen au Sud (vers le Skierfe, le Lájátvrre et le Kungsleden), du Basstavágge (vers Rinim) et du Bierikvágge (que nous avons emprunté aujourd'hui) à l'Est. Il comprend le seul pont du parc, mais aussi une cabane équipée d'une table, de 2 bancs et d'un téléphone de secour, ainsi qu'un WC. De ce fait beaucoup de randonneurs y établissent leur campement ce qui permet d'établir quelques liens et d'échanger nos itinéraires, ce qui est bien agréable en ces lieux quasi désertiques. Seul bémol, les eaux de la rivière sont très limoneuses. Mais en cherchant près des berges on peu trouver quelques endroits où elle est suffisament décantée.

Notre trace GPS

04 Skárjá - Álgavágge - Niejdariehpvágge - Sarvesvágge

Vendredi 25 juillet
  • Distance 23,15 km
  • Durée 11h32m
  • Altitude min 761m
  • Altitude max 1173m
  • Dénivelé + 506m
  • Dénivelé - 304m
Il y a en principe un sentier dans Guohpervágge au départ de Skárjá, mais nous ne l'avons pas trouvé et nous sommes égarés dans les traces des rennes. Au début le cheminement était aisé mais nous avons ensuite traversé quelques zones de vernes peu sympathiques. Peut-être aurions-nous du chercher plus près de la rivière...

On entre dans Álgavágge par sa rive gauche, après avoir traversé la rivière Guohperjåhkå. L'endroit est de toute beauté. Nous retrouvons un bon sentier ce qui nous a permis de profiter pleinement de cette splendide et longue vallée.

L'eau de la rivière est assez chaude et nous nous baignons avant de rentrer dans Niejdariehpvágge.

L'itinéraire dans celui-ci est sans doute cairné de bout en bout mais nous ne nous en sommes pas préoccupé. Après un point GPS pour vérifier que nous ne nous trompions pas de vallée nous avons traversé la rivière et sommes montés à flanc le plus tôt possible pour gagner du dénivelé. Le terrain est excellent. À l'approche du col le paysage devient un peu lunaire mais toujours magnifique. Nous sommes ensuite redescendu un peu vers Sarvesvágge, d'abord par des névés puis par des pelouses, jusqu'à trouver un endroit propice au bivouac et d'où nous avons pu contempler un troupeau  de plusieurs milliers de rennes.

Notre trace GPS

05 Sarvesvágge - Duottar

Samedi 26 juillet
  • Distance 20,97 km
  • Durée 9h26m
  • Altitude min 812m
  • Altitude max 1165m
  • Dénivelé + 447m
  • Dénivelé - 534m

C'est la fin de la période de grand beau temps. Nous retrouvons une météo plus conforme à la région, faite de passages nuageux, d'éclaircies et de quelques averses. Toutefois ces dernières sont rares et généralement peu abondantes, dans l'ensemble le temps reste agréable quoique nettement plus frais.

Sarvesvágge est une vallée qui relie le Rapadalen à l'Est au Padjelanta à l'Ouest. Depuis de Niejdariehpvágge il nous faut tout d'abord rester rive droite du torrent qui en descend, rejoindre la ligne de partage des eaux et se diriger à l'Ouest en restant rive gauche de Sarvesrjåhkå.

À cet endroit mon GPS s'est éteint pour une raison inexpliquée, et je ne l'ai rallumé qu'en bas de la vallée. Il nous manque donc 75 minutes de données sur la trace mais l'itinéraire est évident.

Sarvesvágge est paraît-il superbe mais un plafond nuageux assez bas ne nous permet pas de voir les sommets. À son débouché nous avons choisi de s'écarter du lit de la rivière (marécages) et de marcher à flanc pour ne plus perdre de dénivelé.

En entrant dans le Padjelanta le cheminement devient moins évident et nous n'avons trouvé aucune trace. Le GPS devient vite utile ! Nous avons visé un petit sommet (Duottarjåro, point côté 1160m sur la carte) et l'avons atteint par un cheminement intuitif passant par une porte dans les grillages du parc à rennes (que nous avons eu la chance de trouver sans avoir à la chercher).

Du sommet on voit le Duottarjávrre. C'est le plus grand des lacs à proximité. Nous nous sommes dirigés vers son extrémité Sud (magnifique plage) dans un terrain relativement facile, en passant près d'autres petits lacs que l'on ne voyait pas du sommet.

De là nous avons cheminé au mieux en direction du Nord-Ouest jusqu'à tomber sur le PadjelantaLeden, à quelques centaines de mètres du refuge.

Celui-ci est tenu, de fin juin à fin juillet, par un couple charmant dont la femme, d'origine italienne, à une réputation justifiée de cordon bleu. Nous avons apprécié son excellente soupe à la viande et aux légumes et son pain est juste une friandise. Voilà qui nous changeait des lyophilisés ! Les tarifs sont un peu élevés mais parfaitement justifiés par le fait que le ravitaillement se fait par hélicoptère (ou en 4 jours de marche).

Notre trace GPS (attention : 75 minutes de données manquantes dans Sarvesvágge)

06 Duottar - Staloluokta

Dimanche 27 juillet
  • Distance 19,77 km
  • Durée 8h03m
  • Altitude min 582m
  • Altitude max 905m
  • Dénivelé + 163m
  • Dénivelé - 482m

Peu de chose à dire sur cette étape : nous avons suivi le PadjelantaLeden. Un peu avant Staloluokta nous nous sommes baigné dans le Gieddávrre, dont les eaux peu profondes se réchauffent vite au soleil. Rebelote à l'arrivée dans celles du Virijávrre qui, quoique plus fraiches, sont également tout à fait baignables. C'est près d'une de ses plages, juste avant le pont, que nous avons planté la tente.

Ceux qui préféreraient dormir dans un vrai lit franchiront le pont et tourneront ensuite à droite pour arriver au refuge. C'est ce chemin qu'il faut également prendre pour trouver une petite boutique faisant fonction d'épicerie et dans laquelle il est possible de se ravitailler (vivres de course, poisson fumé, lyophilisés... sans oublier la bière).

Nous avons ensuite dîné au Sommar Café, dans un gumpi traditionnel, d'un poisson local ("artic char", genre de salmonidé à ventre rouge) et d'une purée de pommes de terre. L'endroit vaut moins pour sa gastronomie que pour le bagout de son hôtesse, qui ne se fera pas prier pour vous expliquer la vie des sámis, l'élevage des rennes, la transhumance... Pour trouver le Sommar Café franchir le pont, tourner à gauche et suivre le lac (sentier) jusqu'à un gumpi (hutte recouverte de terre) devant lequel se trouve une sorte d'oriflamme publicitaire blanche pour la pêche héliportée (Fiskflyg). Service exclusivement entre 18 et 20 heures, 190 SEK / personnes.

C'est ici également nous avons trouvé le mari de notre hôtesse qui nous fera traverser le Virijávrre le lendemain. Si la somme de 2000 SEK qu'il réclame pour 25 km (environ 40 minutes) de hors-bord vous paraît élevée, considérez qu'il paie l'essence plus de 4€ le litre (ravitaillement par hélicoptère).

L'adresse mail d'Annelie, cuisinière du Sommar Café, responsable du refuge et épouse du propriétaire du bateau : annelieblind@gmail.com

Notre trace GPS

07 Virijávrre - RagoNasjonalPark

Lundi 28 juillet
  • Distance 15,44 km
  • Durée 7h50m
  • Altitude min 576m
  • Altitude max 1073m
  • Dénivelé + 621m
  • Dénivelé - 194m
Nous avions RV avec notre éleveur / pêcheur sámi à 7h, 1h plus tard il nous déposait à l'autre extrémité du Virijávrre. D'après la carte nous devions trouver quelque chose ressemblant à un sentier mais dans les faits il ne s'agit que d'un itinéraire cairné. Bien cairné dans l'ensemble, mais pas toujours: nous avons dû parfois faire appel à la boussole, à la logique du terrain voire au GPS

Après avoir contourné un estuaire et traversé sa rivière nous avons pris plein sud en direction d'une crête au pied de laquelle nous avons suivi une ligne de cairns plein Ouest.

D'abord verdoyant, le terrain est devenu de plus en plus minéral et nous avons franchi la frontière suèdo-norvégienne sans vraiment y faire attention. Nous avons ensuite laissé un premier glacier à main droite, traversé un enchaînement de névés et passé au-dessus de lacs et de glaciers laissés à main gauche.

Nous avons ensuite suivi un système de rampes et de croupes jusqu'à atteindre la crête qui domine le lac Bassejávrre, mais il devenait difficile de suivre les cairns, à la fois du fait d'un brouillard de plus en plus épais et de sections de cairns écroulés. La fatigue commençant à se faire sentir et le ciel à devenir menaçant, nous avons monté la tente juste avant une grosse averse.

Notre trace GPS

08 RagoNasjonalPark - Bassejávrre

Mardi 29 juillet
  • Distance 13,94 km
  • Durée 9h18m
  • Altitude min 309m
  • Altitude max 1041m
  • Dénivelé + 375m
  • Dénivelé - 1076m
Tout d'abord nous avons suivi l'itinéraire cairné de la veille en suivant plus ou moins une crête puis en traversant un névé en contrebas. La pluie ayant cessé et le ciel commençant à se déchirer nous avons enfin pu apercevoir le Bassejávrre. Nous avons ensuite longé les lacs Råggejávrre, dominés par un joli petit glacier.

Au-delà il nous fallait descendre. Sur la carte cela avait l'air simple, cap au Nord, mais il fallait d'abord éviter quelques barres et petits lacs que nous surplombions. Nous avons donc continue vers l'Ouest pour arriver vers une belle croupe herbeuse orientée Nord-Ouest que nous avons suivi.

Oubliant de faire le point et de revenir vers notre cap initial, nous sommes descendu beaucoup trop bas, ce qui nous a obligé à naviguer dans des barres rocheuses (heureusement pas trop difficiles à franchir), à traverser un talweg, puis à remonter de l'autre côté et enfin à tirer franchement Nord-Est pour arriver au-dessus de la cascade.

À ce point nous n'apercevions pas encore le sentier (que nous savions être plus bas) mais trouvions de magnifiques dalles moutonnées, plutôt adhérentes quand elles étaient sèches mais malheureusement glissantes et dangereuses quand elles étaient mouillées et recouvertes de lichen. Ce qui était bien trop souvent le cas.

Nous avons donc décidé de les contourner par la droite, dans un terrain boisé. Mauvaise pioche ! Nous sommes effectivement arrivés au rivage mais quelques éperons rocheux pas évident à contourner nous ont obligé à rentrer carrément dans le lac, de l'eau jusqu'à la ceinture, en portant nos sacs au-dessus de la tête. Il ne nous manquait plus que la mitrailleuse en travers des épaules pour jouer les vieux baroudeurs de cinéma.

Arrivés à la passerelle au-dessus de la cascade, et se retournant pour regarder d'où nous venions, l'itinéraire semblait pourtant évident : tout droit. Mais vues du haut les barres rocheuses nous paraissaient bien plus difficiles.

Donc:
• ne vous fiez pas à notre trace, faites la vôtre
• pour trouver le bon itinéraire il serait intéressant, et certainement plus facile, de faire l'itinéraire inverse, du Bassejávrre vers les Råggejávrre. Peut-être pour une autre fois ?

Nous avons planté notre tente au bord du lac, pris un bain bien mérité et sommes remontés au-dessus de la cascade pour profiter de ce paysage exceptionnel d'un lac se déversant par une cascade de 200m dans une belle rivière que l'on peut voir serpenter au bas. Plus à l'Ouest nous avons aperçu des fjords, que nous allions visiter plus tard en voiture lors de notre retour par la Norvège.

Notre trace GPS

09 Bassejávrre - Gåpjávrre - Ragohytta

Mercredi 30 juillet
  • Distance 15,02 km
  • Durée 7h52m
  • Altitude min 194m
  • Altitude max 571m
  • Dénivelé + 632m
  • Dénivelé - 438m
Itinéraire sans trop de navigation pour cette étape. Nous avons d'abord suivi un sentier plus ou moins bien tracé, même si le contournement d'un lac a nécessité de mettre les mains (et les pieds) dans de gros blocs de rocher (passage peu évident avec les gros sacs).

Petit détour (facultatif) pour admirer le Gåpjávrre (encore un lac et une cascade). Peu de temps avant de quitter la forêt nous avons trouvé un gumpi pouvant servir d'abri en cas de mauvais temps, puis le terrain est devenu plus minéral mais l'itinéraire bien cairné.

Peu de chose à dire sur les paysages, essentiellement forestiers pour la partie basse, sans grand relief ensuite. Le Ragotjåhkkå jouait à cache cache avec les nuages avant de se noyer définitivement dans la brume.

Le Ragohytta est un tout petit refuge comprenant 2 couchettes, 1 matelas additionnel et un four à bois (et de grosses réserves de bûches). Parfait pour nous. En y arrivant nous avons croisé 3 jeunes gens qui le quittaient, ce fut notre seule rencontre du jour et des deux suivants. Nous n'avions pas de monnaie norvégienne pour payer notre séjour mais en aucun endroit il ne nous l'était demandé.

Notre trace GPS

10 Ragohytta - Vásstenjávvre

Jeudi 31 juillet
  • Distance 18,95 km
  • Durée 9h07m
  • Altitude min 557m
  • Altitude max 764m
  • Dénivelé + 448m
  • Dénivelé - 533m
Au départ de Ragohytta nous avons retrouvé notre itinéraire cairné de la veille, et ce bien après la frontière où il était censé s'arrêter. À certains endroits il semblait s'éloigner du cap Nord-Est que nous devions suivre, mais c'était pour mieux anticiper quelques difficultés à suivre.

À un moment pourtant nous l'avons abandonné, il semblait plutôt se diriger vers le Ragotjåhkkå. Ce sommet était du reste dans nos objectifs initiaux, soit depuis ici soit pendant la 7ème étape, mais dans les deux cas le temps était menaçant et la cime prise dans les nuages.

Pour rejoindre le Vásstenjávvre le plus simple est viser le sommet du Guovddelisvárre (point côté 934m) que nous pouvions voir au loin et qui nous donnait un excellent cap Nord-Est. Arrivés à son pied nous avons continué en infléchissant légèrement vers l'Est. À proximité du Vásstenjávvre, près d'une cabane d'éleveur, nous avons contourné un bras de lac en remontant une croupe, jusqu'à une rivière venant de l'Ouest que nous avons traversé.

Notre idée était alors de monter au-dessus du lac pour y faire étape mais le ciel, encore tout bleu une heure plus tôt, c'est brusquement chargé et nous avons eu à peine le temps de monter la tente avant l'averse.

Notre trace GPS

11 Vásstenjávrre - Njunnjása Skajdde

Vendredi 1er août
  • Distance 29,44 km
  • Durée 11h06m
  • Altitude min 545m
  • Altitude max 910m
  • Dénivelé + 556m
  • Dénivelé - 584m
La rive nord du Vásstenjávrre est constituée de grandes falaises qui tombent directement dans l'eau. Il nous a donc fallu commencer par monter sur la crête qui domine le lac avant de traverser en contournant de nombreuses barres rocheuses.

Après avoir longé 2 petits lacs le terrain est devenu plus aisé. Nous avons avalé quelques km, cap Est Nord-Est jusqu'à commencer la descente à flanc d'une vague croupe. Et là les choses se sont gâtées: nous devions traverser des champs de vernes de plus en plus épais et où que portait notre regard nous ne voyions que vernes ou marécages, jusqu'au bord du lac.

Perdant patience Catherine et moi avons fait un large détour descendant vers le lac, pendant que Rémi, qui était une centaine de mètres devant, continuait dans le même sens. Trouvant des terrains plus faciles et nous pensions avoir eu raison, jusqu'à retrouver Rémi qui nous attendait depuis 1/2 heure après avoir trouvé un large couloir herbeux, genre piste de ski, qui l'avait amené au même point que nous, mais en ligne droite ! Si vous suivez notre trace rappelez-vous que c'est moi qui avais le GPS et qu'à l'endroit où nous avons plongé plein Sud vous auriez intérêt à persévérer dans la direction initiale 10 minutes de plus.

Arrivés au bord du lac nous avons trouvé un terrain mixte, parfois herbeux, parfois marécageux, et quelquefois couvert de vernes. La progression était dans l'ensemble assez aisée mais il restait encore un long chemin jusqu'au village. Nous sommes passés devant quelques îles abritant des maisons de pêcheurs et espérions trouver, 2 km plus tard, une sente indiquée sur la carte. Mais de sente il n'y eut point si ce n'est dans les derniers hectomètres.

Quoique habité le village de Njunnjása Skajdde semblait un peu fantôme et nous l'avons traversé sans rencontrer quiconque. Nous avons alors planté notre tente à proximité du lac Sallohávrre, après une marche hors sentier de près de 30 km, rattrapant ainsi notre retard de la veille. Il aurait fallu marcher encore 2 heures de plus pour atteindre le refuge du Kutjaure.

Notre trace GPS

12 Njunnjása Skajdde - Vájsáluokta

Samedi 2 août
  • Distance 26,46 km
  • Durée 9h14m
  • Altitude min 451m
  • Altitude max 834m
  • Dénivelé + 470m
  • Dénivelé - 550m
Depuis Njunnjása Skajdde il y a deux possibilités pour rejoindre l'Áhkájávrre et le bateau pour Ritsem : soit par le refuge STF Fjällstuga Kutjaure et le NordKalottLeden, soit par le refuge Gisuristugan et le PadjelantaLeden. Nous connaissions le deuxième itinéraire depuis notre traversée vers Narvik, nous avons donc choisi le premier.

Suivre un sentier, rien n'est plus facile et on ne peut pas se tromper... sauf ne regarder ni les panneaux, ni le balisage, ni la carte. Ce que évidemment nous avons fait au niveau du refuge et en prenant tout droit un chemin de quad qui continuait plein Nord. Cela nous a coûté une petite heure de traversée dans les vernes quand nous nous sommes enfin rendus compte de notre erreur. Ne suivez donc pas bêtement notre trace GPS.

Sinon rien de particulier : le chemin est agréable, parsemé de lacs plus jolis les uns que les autres, et la vue est magnifique.

Il y a 2 bateaux par jour au départ de Vájsáluokta à destination de Ristem, à 11h25 et à 15h05 (horaires 2014). Le prix par personne est de 250 SEK. Nous sommes malheureusement arrivés trop tard pour prendre celui de 15h05 et nous avons dû passer la nuit sur place. Il y a un refuge mais rien à manger et les emplacements pour planter la tente sont très limités.

Il aurait donc été intéressant soit de partir bien plus tôt, soit d'avoir continué la veille au moins jusqu'au refuge STF (mais l'étape était déjà bien longue).

Pour ceux qui décident d'aller à Änonjalme il y a 3 bateaux par jour, à 8h10, 10h55 et 14h45 (même tarif). La page STF des transports en bateau (en suédois).

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